
De la farce à la comédie de moeurs : Sganarelle agent d’exposition des boursouflures sociales
Molière (Jean-Baptiste Poquelin dit) 1646-1661, Oeuvres complètes, t. 1, GF, 1964
Première phase du théâtre de Molière. Puisant dans la farce du Moyen-Âge ou dans la Commedia dell’Arte, Molière allonge ses pièces, les complique, donne de l’épaisseur à ses personnages secondaires (les valets dédoublent l’action, les bernés prennent la parole pour se plaindre…) pour donner l’ampleur à un théâtre comique, l’allure d’une critique sociale qui n’est plus celle de l’esprit du carnaval, mais celle du monde intellectuel de l’époque, dans le sens des libertins de Gassendi (notamment en montrant la jeunesse se libérant de la vieille rigidité des cloisons sociales et croyances ; en dénonçant l’absurdité des modes et codes de la Cour et la fausse aura de connaissance des médecins).
Sommaire
– La Jalousie du barbouillé (1646-1655) ***
– Le Médecin volant (1646-1655) ****
– L’Étourdi ou les contretemps (1655) ***
– Dépit amoureux (1656) ** *
– Les Précieuses ridicules (1659) ****
– Sganarelle ou le cocu imaginaire (1660) ***
– Dom Garcie de Navarre (1661) **
– L’École des maris (1661) ****
– Les Fâcheux (1661) ****
La Jalousie du barbouillé
Le Barbouillé veut punir sa femme car il sent bien qu’elle a un amant. Mais celle-ci est trop futée pour se laisser prendre. Il essaie de prendre conseil auprès du Docteur mais celui-ci a tant de paroles pour se vanter qu’il ne risque pas de l’aider en quoi que ce soit.
Petite farce en un acte, à l’intrigue très simple, avec juste ce personnage de docteur qui en parlant à profusion propose une critique du pédantisme de l’éduqué (figure déjà présente dans Le Pédant joué de Cyrano de Bergerac). La figure du cocu, de l’arroseur arrosé, sont les ressorts d’un comique simple mais efficace. Il est amusant de voir que le thème central de la première pièce de Molière que nous ayons gardée soit celui de la satire du Docteur, personnage de pièces jusqu’à sa dernière, faux « docte » usant de son savoir pour parader comme un paon, incarnation du savoir illusoire et infécond.
p.26 : « LE DOCTEUR. – Il faut avouer, Monsieur Gorgibus, que c’est une belle qualité que de dire les choses en peu de paroles, et que les grands parleurs, au lieu de se faire écouter, se rendent le plus souvent si importuns qu’on ne les entend point : Virtutem primam esse puta compescere linguam. Oui, la belle qualité d’un honnête homme, c’est de parler peu. »
Le Médecin volant
Lucile a été promise au vieux Villebrequin par son père. Elle se fait passer pour malade pour retarder l’échéance. Suivant les conseils de sa cousine, son jeune amant envoie son valet Sganarelle pour jouer les médecins auprès du père Gorgibus.
Prenant l’habit du médecin, Sganarelle montre que le commun comprend bien peu le langage des médecins. Mais c’est surtout le comique de situation et de travestissement, Sganarelle troquant ses vêtements pour l’un ou l’autre de ses rôles, qui suscite le rire. Ajoutons aussi le trait plutôt osé du valet buvant avec plaisir la pisse de la jeune amante de son maître… motif de fantasme et d’hilarité qu’on trouvait déjà tant dans les farces médiévales comme celle de L’Amoureux, que dans les nouvelles du Decameron de Boccace ou plus proche dans Le Berger extravagant de Charles Sorel. Ce premier avatar de Sganarelle, l’un des agents de comique préférés de Molière, est d’ailleurs représentatif du personnage de roman parodique qui, par sa bêtise ou alors par une sorte de génie ironique, provoque l’exposition et l’explosion des absurdités de la société.
p.40 : « SGANARELLE. – Ne vous étonnez pas de cela ; les médecins, d’ordinaire, se contentent de la regarder ; mais moi, qui suis un médecin hors du commun, je l’avale, parce qu’avec le goût je discerne bien mieux la cause et les suites de la maladie. Mais, à vous dire la vérité, il y en avait trop peu pour asseoir un bon jugement : qu’on la fasse encore pisser. […] Faites-la pisser copieusement, copieusement. Si tous les malades pissent de la sorte, je veux être médecin toute ma vie. […] Quoi ? Monsieur Gorgibus, votre fille ne pisse que des gouttes ! voilà une pauvre pisseuse que votre fille ; je vois bien qu’il faudra que je lui ordonne une potion pissative. »
L’étourdi ou les contretemps
Mascarille le valet de Lélie, se démène par tous les diables à inventer des stratagèmes pour que son jeune maître Lélie puisse aimer Célie, l’esclave de Trufaldin, contre la volonté de son père qui veut le marier à la fille d’un honnête homme, et contre son rival Léandre. Mais Lélie, dans sa naïveté et ses élans amoureux ne cesse de faire échouer ses plans.
Comique de répétition grossier mais efficace, L’Etourdi reste loin de l’étude de mœurs et ne dessine qu’un seul vrai personnage : celui du valet rusé qu’on retrouvera souvent par la suite, sorte de double positif du Sganarelle du Médecin volant (les deux finiront par se confondre dans une personnalité complexe). Le dénouement « deus ex machina » met une fin à une farce qui aurait pu s’étendre à l’infini. En cela, la construction de l’intrigue est pauvre et rien ne justifie cinq actes.
p.93 : MASCARILLE
L’honneur, ô Mascarille, est une belle chose :
A tes nobles travaux ne fais aucune pause ;
Et quoi qu’un maître ait fait pour te faire enrager,
Achève pour ta gloire, et non pour l’obliger.
p.104 : MASCARILLE
Croyez que je mets bien mon adresse en usage :
Si j’ai reçu du Ciel les fourbes en partage,
Je ne suis point au rang de ces esprits mal nés
Qui cachent les talents que Dieu leur a donnés.
p.116 : ANSELME
Quand on ne prend en dot que la seule beauté,
Le remords est bien près de la solennité,
Et la plus belle femme a très peu de défense
Contre cette tiédeur qui suit la jouissance
p.131 : MASCARILLE
Plus l’obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire,
Et les difficultés dont on est combattu
Sont les dames d’atour qui parent la vertu.
Dépit amoureux
Eraste et Lucile s’aiment, tout comme leurs suivants Gros-René et Marinette. Mais le cœur d’Eraste n’est pas rassuré, malgré les preuves, il a peur qu’on le trompe surtout quand il voit son rival Valère apparemment satisfait de son sort. Selon son valet Mascarille, son maître et Lucile auraient échangé des vœux dans la nuit. C’est Ascagne, demi-frère de Lucile, en fait une fille déguisée, qui s’est substitué à sa sœur.
Intrigue abracadabrante avec ce travestissement facile (typique de la Commedia dell’Arte), qui couvre une tendance du sentiment qu’il aurait été magnifique de traiter seule, au cours d’une farce par exemple. Mais le tableau du sentiment qui ne peut croire longtemps à son bonheur sans avancées, aurait peut-être trop ressemblé à L’Etourdi. Ce premier redoublement de l’intrigue du couple par la caricature jouée par les domestiques est une astuce didactique que Molière reprendra à plusieurs reprises mais la résolution par l’avalanche de mariages heureux reste facile. Les actes se font longuets et pas toujours motivés comme l’intrigue du père Albert, sa discussion impossible avec un pédant latiniste, jeu rabelaisien qu’on retrouvera également par la suite. La grosse maladresse est le grotesque de la figure de la fille travestie dont le personnage reste mal développé. Molière a ainsi trop multiplié les renversements et les complications, rendant mélodramatique un thème qui aurait sans doute au contraire nécessité une légèreté et un dépouillement. Il reste tout de même de très beaux échanges hilarants avec le valet Mascarille.
p. 143
Souvent d’un faux espoir un amant se nourrit : le mieux reçu toujours n’est pas le plus chéri ; et tout ce que d’ardeur font paraître les femmes parfois n’est qu’un beau voile à couvrir d’autres flammes.
p. 147
Quoiqu’il en soit, témoigner de l’ombrage, c’est jouer en amour un mauvais personnage.
p. 190
– Voulez-vous deux témoins qui me justifieront ?
– Veux-tu deux de mes gens qui te bâtonneront ?
– Leur rapport doit au mien donner toute créance.
– Leurs bras peuvent du mien réparer l’impuissance. […]
– Connaissez-vous Ormin, ce gros notaire habile ?
– Connais-tu bien Grimpant, le bourreau de la ville ?
– Et Simon le tailleur, jadis si recherché ?
– Et la potence mise au milieu du marché ?
– Vous verrez confirmer par eux cet hyménée.
– Tu verras achever par eux ta destinée.
Les Précieuses ridicules
Magdelon et sa cousine Cathos se veulent à la toute dernière mode parisienne. Elles voudraient être désormais appelées Polyxène et Aminte, et mettent à la porte les seigneurs que le père de Magdelon leur a trouvés car ils ne sont pas dans la lettre de la galanterie décrite par les romans d’amour.
Le titre de la pièce est ambigu. Dans sa préface, Molière explique qu’il ne parle que de jeunes femmes qui se rendent ridicules en jouant aux précieuses. Mais comme pour Le Tartuffe ou l’imposteur qui remplacera le premier titre de « Tartuffe ou l’hypocrite » (version interdite récemment reconstruite par Georges Forestier), on peut penser fortement que Molière a plutôt l’intention claire de se moquer de toute la mode de la préciosité. « ridicules » n’est pas l’adjectif qualificatif permettant de créer une catégorie particulière de précieuses, mais plutôt un attribut du sujet avec élision du verbe (ce qui se sent dans la spécificité d’un titre) : les précieuses sont ridicules. Molière prolonge la satire du Berger extravagant de Charles Sorel sur l’emprise des romans-fleuve d’amour champêtre, en attaquant non plus un pauvre naïf illuminé, mais les jeunes filles et femmes qui délaissent la vérité des actions, pour un jeu d’illusions et de paraître. Le fait que les domestiques soient les plus doués à ce jeu, comme Sancho Pança à enfiler les proverbes, vise à montrer que la préciosité est un simple code sans finesse, petit jeu de langue et de posture pour intriguer à la Cour, mais aucunement un réel trait de noblesse…
p. 235
MAGDELON. – Votre complaisance pousse un peu trop avant la liberté des louanges ; et nous n’avons garde, ma cousine et moi, de donner de notre sérieux dans le doux de votre flatterie.
CATHOS. – Ma chère, il faudrait faire donner des sièges.
MAGDELON. – Holà, Almanzor !
ALMANZOR. – Madame.
MAGDELON. – Vite, voiturez-nous ici les commodités de la conversation.
MASCARILLE. – Mais au moins, y a-t-il sûreté ici pour moi ?
CATHOS. – Que craignez-vous ?
MASCARILLE. – Quelque vol de mon coeur, quelque assassinat de ma franchise. Je vois ici des yeux qui ont la mine d’être de forts mauvais garçons, de faire insulte aux libertés, et de traiter une âme de Turc à More. Comment diable, d’abord qu’on les approche, ils se mettent sur leur garde meurtrière ? Ah ! par ma foi, je m’en défie, et je m’en vais gagner au pied, ou je veux caution bourgeoise qu’ils ne me feront point de mal.
Magdelon. – Ma chère, c’est le caractère enjoué.
CATHOS. – Je vois bien que c’est un Amilcar.
MAGDELON. – Ne craignez rien : nos yeux n’ont point de mauvais desseins, et votre coeur peut dormir en assurance sur leur prud’homie.
CATHOS. – Mais de grâce, Monsieur, ne soyez pas inexorable à ce fauteuil qui vous tend les bras il y a un quart d’heure ; contentez un peu l’envie qu’il a de vous embrasser.
p. 239
C’est la coutume ici qu’à nous autres gens de condition les auteurs viennent lire leurs pièces nouvelles, pour nous engager à les trouver belles, et leur donner de la réputation ; et je vous laisse à penser si, quand nous disons quelque chose, le parterre ose nous contredire.
Sganarelle ou le cocu imaginaire
Célie s’est évanouie en laissant tomber le portrait de Lélie, son ancien promis. Son père veut désormais la marier à un riche héritier. Le bourgeois Sganarelle sortant de chez lui prend soin de la belle jeune fille. Sa femme le voit de la fenêtre et se méprend. Elle tombe ensuite en admiration du portrait, laissant son mari croire que ce jeune homme est son amant. Sganarelle veut désormais venger son honneur, Lélie croit qu’il est le futur mari de Célie.
Situation de méprise croisée un peu grossière (typique de la comédie à l’italienne), cette farce est peu mise en valeur par des rimes trop bien faites (mais finalement peu intéressantes) qui alourdissent le jeu de scène. Toutefois, la réflexion sur l’adultère (dont nous citons l’essentiel) qui n’aboutit pas à une décision en conséquence du raisonnement est intéressante d’enseignement. Molière y place son raisonnement personnel. N’est cocu ridicule que celui qui prend trop au sérieux les mœurs, qui se prend trop au sérieux. Les cocus sont ridicules par cette drôle de chose qui fait qu’ils se sentent déshonorés alors que vis à vis de la morale, ils n’ont rien fait. La honte du cocu ne naît pas ici d’un méfait de sa femme, ou d’une trahison blessante, mais d’un étrange sentiment de s’être fait voler quelque chose qu’on possédait ou plutôt qu’on se devait de posséder suivant les représentations. Le cocu ridicule n’est pas un mari malheureux mais bien un bourgeois en colère parce qu’on a enfreint sa propriété.
p. 253 : « GORGIBUS
Qui de nous deux à l’autre a droit de faire sa loi ?
A votre avis, qui mieux, ou de vous ou de moi
Ô sotte, peut juger ce qui vous est utile ? »
p. 271 : SGANARELLE
Peste soit qui premier trouva l’invention
De s’affliger l’esprit de cette vision,
Et d’attacher l’honneur de l’homme le plus sage
Aux choses que peut faire une femme volage !
Puisqu’on tient à bon droit tout crime personnel,
Que fait là notre honneur pour être criminel ?
Des actions d’autrui on nous donne le blâme.
[…]
N’avons-nous pas assez des autres accidents
Qui nous viennent happer en dépit de nos dents ?
Les querelles, procès, faim, soif et maladie,
Troublent-ils pas assez le repos de la vie,
Sans s’aller, de surcroît, aviser sottement
De se faire un chagrin qui n’a nul fondement ?
Moquons-nous de cela, méprisons les alarmes,
Et mettons sous nos pieds les soupirs et les larmes.
Si ma femme a failli, qu’elle pleure bien fort ;
Mais pourquoi moi pleurer, puisque je n’ai point tort ?
Dom Garcie de Navarre
Done Elvire n’apprécie pas les crises de jalousie de Don Garcie. Sa confidente a beau lui affirmer qu’elle serait pour sa part honorée d’une telle preuve d’amour, elle considère inconvenant et que cela met en doute sa parole, sa constance et sa résistance aux charmes du prince Dom Sylve, irrésistible en amour comme sur les champs de bataille.
Comédie héroïque manquant incroyablement de dynamique et d’intrigue. Aucune des rimes ne vient rattraper ce carnage, loin des registres de la farce maîtrisés par Molière. Le peu d’intrigue extérieure – politique – est si peu développée qu’on en comprend mot et que surtout on en voit point le moindre affect sur l’action et les personnages. Ajoutons que le triangle amoureux est peu crédible, la princesse aurait tôt fait de se tourner vers ce charmant conquérant si la jalousie lamentable de son amant l’exaspérait. L’intrigue doublée des confidents est à peine esquissée là où elle joue de coutume un rôle si fondamental. Bref, est ici montré à la scène tout ce qui n’a nul besoin d’y être.
p.300
Et les plus prompts moyens pour gagner leur faveur [– celle des grands]
C’est de flatter toujours le faible de leur cœur,
D’applaudir en aveugle à ce qu’ils veulent faire,
Et n’appuyer jamais ce qui peut leur déplaire :
C’est là le vrai secret d’être bien auprès d’eux.
Les utiles conseils font passer pour fâcheux,
Et vous laissent toujours hors de la confidence
Où vous jette d’abord l’adroite complaisance.
p.308
Moins on mérite un bien qu’on nous fait espérer,
Plus notre âme a de peine à pouvoir s’assurer ;
Un sort trop plein de gloire à nos yeux est fragile,
Et nous laisse aux soupçons une pente facile.
L’École des maris
A Sganarelle et son grand frère Ariste – déjà d’un âge mûr –, on a confié deux jeunes filles ayant perdu leur parents. Ariste laisse liberté à Léonor de profiter du monde. Sganarelle destine Isabelle à se marier à lui ; il lui impose une discipline très rigoureuse pour en faire une femme respectable aux yeux de la tradition. Or, pendant que Léonor court les soirées, Valère a posé ses yeux sur Isabelle et cherche à la voir.
Cette farce, après le pompeux Dom Garci de Navarre, est très rafraîchissante. Si l’intrigue est évidente, le parallèle entre deux éducations est intéressant, deux comportement face aux femmes, face au temps, face aux modes. Le personnage de l’homme plutôt jeune qui refuse la modernité et se tourne vers les traditions est d’un ridicule qui donne foi en la vraie jeunesse et son élan de liberté – ici accompagnée justement par un homme se faisant vieux sage. Il est amusant de noter que le rôle de révélateur de bêtise malgré soi est ici donné, comme dans Le Cocu imaginaire, à un Sganarelle bourgeois ayant plein intérêt à l’intrigue et non pas au domestique placé en médiateur ou intermédiaire.
p.354
Toujours au plus grand nombre on doit s’accommoder
Et jamais il ne faut se faire regarder.
L’un et l’autre excès choque, et tout homme bien sage
Doit faire des habits ainsi que du langage,
N’y rien trop affecter, et sans empressement
Suivre ce que l’usage y fait de changement.
Mon sentiment n’est pas qu’on prenne la méthode
De ceux qu’on voit toujours renchérir sur la mode,
Et qui dans ses excès, dont ils sont amoureux,
Seraient fâchés qu’un autre eût été plus loin qu’eux ;
Mais je tiens qu’il est mal, sur quoi que l’on se fonde,
De fuir obstinément ce que suit tout le monde,
Et qu’il vaut mieux souffrir d’être au nombre des fous,
Que du sage parti de se voir seul contre tous.
Les Fâcheux
Eraste a rendez-vous avec son amie Orphise… Hélas ! tous les fâcheux de la terre s’évertuent à venir lui demander de son temps et ne s’arrêtent plus de parler.
Farce au comique de scène évident et immédiat créée en urgence pour la dernière grande fête à Vaux avant l’arrestation de Foucquet, en l’honneur du roi. Elle est créatrice du genre comédie-ballet. La scène où les danseurs empêchent Eraste de sortir de scène en lui demandant départage sur leurs boules, est en cela représentative même si le ballet n’est pas rendu dans le texte. Les fâcheux peuvent être des amis qui ont besoin d’aide, des amis qui veulent apporter malgré vous leur aide, des visiteurs impromptus, des artistes égocentriques… En même temps, la farce se fait portrait de mœurs ou de caractère à la manière de La Bruyère.
p.425 : « – Et Sénèque… – Sénèque est un sot dans ta bouche,
Puisqu’il ne me dit rien de tout ce qui me touche. »