Arrache ta science : Essai sur le don, Marcel Mauss

Ce lien magique qui se crée lorsque tu donnes à autrui, nous pourrions l’appeller humanité.

Mauss (Marcel) 1925, Essai sur le don, éd. , coll. « PUF »

Note : 4 sur 5.

Résumé

En rapprochant le potlatch (compétition de cadeaux) tel que décrit par Franz Boas dans L’Organisation sociale chez les Indiens Kwakiutl, de la kula (circulation d’objets symboliques d’une tribu à une autre) chez les Trobriands, décrit par Bronislaw Malinowski dans les Argonautes du Pacifique occidental, et en les comparant au fonctionnement des échanges dans d’autres cultures, Marcel Mauss met en évidence des traits caractéristiques fondamentaux propres aux échanges économiques (circulation des objets ou services rendus) dans les sociétés primitives, qui apparaissent moins clairement dans les sociétés dites modernes.

Premièrement, tout don implique un contre-don, c’est-à-dire qu’il oblige la personne qui a reçu à donner à son tour, il la met en situation de dette. Tant que la personne n’a pas réglé cette dette par un contre-don d’une valeur au minimum équivalente et même supérieure (intérêts), il demeure sous l’autorité du donneur. Dans tous les cas, le don établit un lien entre donneur et receveur. Le don structure ainsi la société. Du règlement de la dette, de l’origine des objets acquis, se définissent les rapports d’amitié, de vassalité, d’asservissement, de partenariat, de guerre…
Deuxièmement, le don est un fait social total. Contrairement au système de l’achat-vente, qui nous fait croire que l’acquisition d’un objet est simplement affaire d’acquittement d’une valeur attribuée à un objet, toute transaction dans les sociétés primitives met en branle de nombreux aspects de la vie humaine : contractuelle, honneur, religion, compétition sociale, politesse, amitié, festivité, éducatif, artistique, charité… La sphère économique n’est pas isolée, et s’étend bien au-delà de l’aspect financier.
Enfin, la chaîne des dons et contre-dons est un stimulateur de création de richesse et de force des individus : système de crédits, circulation de biens rares, possession collective, solidarité, remise en cause de l’ordre établi… Le donneur confère un peu de sa personne aux objets donnés. Une personne qui donne agrandit ainsi son aura, sa réputation, sa puissance sociale, sa richesse potentielle en contre-dons…

Commentaires

Tout objet transmis, tout service rendu, a une valeur qui n’est pas seulement monétaire. Accepter un don, c’est accepter une dette. Mais la dette n’est pas un nombre. C’est plutôt un point d’honneur, un engagement moral à participer au jeu social et à faire un contre-don (d’une valeur même supérieure car il ne s’agit pas de solder les comptes, mais de renforcer l’intensité des échanges). Autrement, il s’agit d’accepter avec reconnaissance l’inégalité qui découle de l’impossibilité du contre-don. Symboliquement : votre puissance peut m’écraser, au lieu de cela, je choisis de profiter de vos bienfaits. En échange, je reconnais votre autorité. Ce n’est pas une autorité violente de réduction en esclavage, mais bien davantage un lien de vassalité (protection) qui doit d’être renouvelé par de nouveaux cadeaux utiles et qui peut être rompu dans le cas contraire. C’est une autorité positive, celle de la moralité du don qui crée du lien, qui enrichit la société… C’est en donnant que vous acquérez une puissance sociale légitime.

Un exemple : un enfant qui reçoit ses cadeaux à Noël a une dette envers ses parents. Tant qu’il bénéficie de ces cadeaux – symboliquement, l’aide qui lui permet de vivre – sans pouvoir contre-donner, il est prié d’accepter l’autorité de ses parents… Tout refus ou manquement au respect de cette autorité conférée par le don, est déclaration de guerre… Un remboursement financier est insuffisant pour redéfinir cette autorité, d’une part en raison des valeurs supplémentaires non chiffrables du don (l’aide est venue quand on en avait besoin, le remboursement est donc de moindre valeur), d’autre part parce que c’est maintenant leur tour de faire des dons d’importance supérieure pour redéfinir l’ordre social…

Tout se passe dans nos économies de marché comme si l’échange voulait se limiter à effleurer l’enveloppe humaine, à l’exciter sans jamais la satisfaire. Je te prends un objet, je te donne en échange et… nous sommes quittes. Le paiement chiffré immédiat permet de s’affranchir de la relation humaine (le cadeau quant à lui se pare du costume du désintéressement : contextuellement normal, il ne configure la relation humaine que lorsqu’il n’est pas fait…). Le système du don devrait être au contraire un ciment pour les sociétés, entre les individus, entre les familles, entre notables et marginaux, entre minorités, entre régions… Si je t’ai acheté quelque chose, nous avons désormais un lien, honnêteté, fidélité, confiance… Il y a un rapport humain établi, affectif, identitaire parce qu’un peu de toi avec moi, non substituable (les marques tentant vainement de le remplacer). Au lieu de cela, les nombres du salaire et du tiquet de caisse nous rendent propriétaires d’une multitude d’objets, mais pauvres en humanité. « Money in my pocket but i couldn’t get no love… », chantait Dennis Brown. Objets de consommation sans vie, sans origine humaine. Les objets acquis par le système marchand, n’ont désespérément qu’une valeur humaine médiocre…

Marcel Mauss met en évidence l’épaisseur humaine des échanges économiques, dons et contre-dons, tels qu’ils s’effectuent dans les sociétés primitives, en comparaison de notre civilisation de l’achat-vente ou du cadeau. Le potlatch (orgie compétitive de cadeaux) des Indiens Kwakiutl pourrait être comparé à la fête de Noël (d’autant qu’elle se fait en période d’hiver). Sauf que les Indiens convient à leur fête non seulement leurs proches, mais toute la tribu, riches et pauvres, invitant même une ou des tribus voisines ; qu’ils dilapident littéralement leurs richesses en donnant ; accomplissent danses et chants pour les dieux ; profitent des témoins pour passer des accords ; planifient des mariages ; promettent des services ; cèdent des biens utiles aux nécessiteux… Ils déterminent ainsi les relations sociales à venir (car les bénéficiaires des cadeaux vont à leur tour offrir un potlatch au moins aussi important s’ils ne veulent pas être au service de). Une complexité et une intensité sociale qu’avait sans doute la fête de Noël à l’origine (et autres célébrations comme la Pacques, le Carnaval, le Ramadan…).

La kula (circulation d’objets symboliques) chez les Trobriands peut être saisie comme un rituel d’adhésion à un réseau d’entraide, d’amitié et de commerce… À l’occasion de cet échange, autour de celui-ci, ont lieu fêtes, transactions, mariages… Non directement utilitaires, les bracelets et colliers de la kula sont preuves de participation au réseau et preuves d’importance et de fiabilité, de position dans le réseau (la taille ou le perfectionnement des objets semble augmenter avec la participation et l’ancienneté). Ces objets qui ne doivent pas être conservées mais circuler lors de nouvelles rencontres, marquent le renouvellement du contrat d’adhésion, et la participation active au réseau. Faire circuler ces objets, c’est aller vers une extension du réseau (les plus petits objets allant vers de nouveaux partenariats, les gros vers les anciens), et c’est aussi signifier symboliquement qu’on n’est pas une impasse, un puits d’avidité, qu’on ne conserve pas égoïstement les richesses en en privant les autres… mais qu’on participe activement au réseau et donc à l’enrichissement de tous.

Mauss cite Franz Boas expliquant comment paradoxalement, la création de dettes par multiplication des dons est un processus créateur de richesse, car il fait exister un système de crédit où chacun peut bénéficier à la fois de ce qu’il possède, ce qu’on lui doit et ce qu’il peut espérer emprunter. Donner, c’est donc créer de la richesse. La valeur d’une personne, en amitié, en réputation, en générosité, en politesse, peut se mesurer à sa propension à donner. La moralité du don est de faire de celui qui donne un être humain plus étendu, plus épais, plus riche, plus humain : « ce que tu gardes pour toi, tu le perds à jamais, ce que tu donnes tu l’auras pour toujours », disait Gandhi.

Ce que Mauss cherche à expliquer et qui fut parfois mal compris, c’est cette propriété « magique » que confère l’action de donner à un objet qui passe d’une âme humaine à une autre. Il ne s’agit pas de magie dans le sens du merveilleux des mythologies anciennes, mais dans le sens alchimique d’une transfiguration de la matière. L’objet acquiert une valeur ajoutée d’humanité par l’opération du don. Un quelque chose de l’ancien propriétaire demeure dans l’objet et l’enrichit. L’objet donné est comme enroulé d’un fil invisible, immatériel qui se tend jusqu’au donateur. Double magie donc, du don qui enrichit et l’objet et son donateur. Cette propriété « humaine » ne serait-ce pas justement ce lien transcendental créé par le don, don d’un objet, d’une connaissance, d’une aide, d’un regard ? Don qui appelle l’autre à donner à son tour ?

Ce n’est pas qu’il n’y ait pas dans ces échanges traditionnels questions de monnaie ou d’intéressement, ni contrat, ni arnaque, ni marchandage, ni jalousie, ni fierté de propriétaire… il y a. Non, la différence tient au fait que les échanges font explicitement et volontairement intervenir différentes sphères de l’action humaine, ce que Mauss appelle phénomène social total. À l’opposé, dans nos sociétés marchandes, les échanges supposés enrichir toute la population par la circulation des biens, par l’extension de soi dans la relation d’interdépendance à l’autre, échouent lamentablement… C’est que, en réduisant les échanges don/contre-don à des transactions objet/paiement, l’économie marchande fait l’impasse sur une part majeure de l’expérience humaine. Karl Polanyi, dans la continuité de Mauss, dit bien comme la pensée économique telle qu’elle s’est définie dans notre civilisation a isolé le champ économique des autres sphères de la vie humaine, réduisant l’Homme à un animal défini par des besoins matériels (bien loin de l’animal politique d’Aristote)… Ce faisant, elle se fourvoie totalement sur ce qu’est la vie humaine et aboutit à une impasse civilisationnelle (cf. La mentalité de marché est obsolète).

Passages retenus

Le resserrement des liens sociaux en hiver par la convivialité et le don, p. 134-135
Leur vie d’hiver, même pour les tribus les plus méridionales, est très différente de celle d’été. Les tribus ont une double morphologie : dispersées dès la fin du printemps, à la chasse, à la cueillette des racines et des baies succulentes des montagnes, à la pêche fluviale du saumon, dès l’hiver, elles se rencontrent dans ce qu’on appelle les « villes ». Et c’est alors, pendant tout le temps de cette concentration, qu’elles se mettent dans un état de perpétuelle effervescence. Leur vie sociale y devient extrêmement intense, même plus intense que dans les congrégations de tribus qui peuvent se faire à l’été. Elle consiste en une sorte d’agitation perpétuelle. Ce sont des visites constantes de tribus à tribus entières, de clans à clans et de familles à familles. Ce sont des fêtes répétées, continues, souvent chacune elle-même très longue. À l’occasion de mariage, de rituels variés, de promotions, on dépense sans compter tout ce qui a été amassé pendant l’été et l’automne avec grande industrie sur une des côtes les plus riches du monde. Même la vie privée se passe ainsi ; on invite les gens de son clan : quand on a tué un phoque, quand on ouvre une caisse de baies ou de racines conservées ; on invite tout le monde quand échoue une baleine.

La richesse et l’épargne par le don, p. 137, citation de Franz Boas in 12th Report on the North-Western Tribes of Canada, B. A. Adv. Sc., 1898, p. 54-54 :
Le système économique des Indiens de la colonie britannique est largement basé sur le crédit tout autant que celui des peuples civilisés. Dans toutes ses entreprises, l’Indien se fie à l’aide de ses amis. Il promet de les payer pour cette aide à une date ultérieure. Si cette aide fournie consiste en choses de valeur qui sont mesurées par les Indiens en couvertures comme nous les mesurons, nous, en monnaie, il promet de rendre la valeur du prêt avec intérêt. L’Indien n’a pas de système d’écriture et, par suite, pour donner sûreté à la transaction, elle est faite en public. Contracter des dettes d’un côté, payer des dettes de l’autre côté, c’est le potlatch. Ce système économique s’est développé à un tel point que le capital possédé par tous les individus associés de la tribu excède de beaucoup la quantité de valeurs disponibles qui existe ; autrement dit, les conditions sont tout à fait analogues à celles qui prévalent dans notre société à nous : si nous désirions faire payer toutes nos créances, nous trouverions qu’il n’y a à aucun degré assez d’argent, en fait, pour les payer. […]
Il faut bien comprendre qu’un Indien qui invite tous ses amis et voisins à un grand potlatch, qui, en apparence, gaspille tous les résultats accumulés de longues années de travail, a deux choses en vue qui nous ne pouvons reconnaître que sages et dignes de louanges. Son premier objet est de payer ses dettes. Ceci est fait publiquement, avec beaucoup de cérémonie et en manière d’acte notarié. Son second objet est de placer les fruits de son travail de telle sorte qu’il en tire le plus grand profit pour lui aussi bien que pour ses enfants. Ceux qui reçoivent des présents à cette fête, les reçoivent comme prêts qu’ils utilisent dans leurs présentes entreprises, pais après un intervalle de quelques années, il leur faut les rendre avec intérêt au donateur ou à son héritier. Ainsi, le potlatch finit par être considéré par les Indiens comme un moyen d’assurer le bien-être de leurs enfants, s’ils les laissent orphelins lorsqu’ils sont jeunes…

Richesse de l’être par le don et le rendu, p. 144-145 :
Le mana polynésien, lui-même, symbolise non seulement la force magique de chaque être, mais aussi son honneur, et l’une des meilleures traductions de ce mot, c’est : autorité, richesse. Le potlatch tlingit, haïda, consiste à considérer comme des honneurs les services mutuels. Même dans des tribus réellement primitives comme les australiennes, le point d’honneur est aussi chatouilleux que dans les nôtres, et on est satisfait par des prestations, des offrandes de nourriture, des préséances et des rites aussi bien que par des dons. Les hommes ont su engager leur honneur et leur nom bien avant de savoir signer.
Note : Il y aurait lieu d’étudier la notion de richesse elle-même. Du point de vue où nous sommes, l’homme riche est un homme qui a du mana en Polynésie, de l’ « auctoritas » à Rome et qui, dans ces tribus américaines, est un homme « large », walas. Mais nous n’avons strictement qu’à indiquer le rapport entre la notion de richesse, celle d’autorité, et le potlatch : elle est très nette. Par exemple, chez les Kwakiutl, l’un des clans les plus importants est celui des Walasaka (également nom d’une famille, d’une danse et d’une confrérie) ; ce nom veut dire « les grands qui viennent d’en haut », qui distribuent au potlatch : walasila veut dire non seulement richesses, mais encore « distribution de couvertures à l’occasion d’une mise aux enchères d’un cuivre ». Une autre métaphore est celle qui consiste à considérer que l’individu est rendu « lourd » par les potlatch donnés. Le chef est dit « avaler les tribus » auxquelles il distribue ses richesses ; il « vomit de la propriété », etc.
Note : L’étiquette du festin, du don qu’on reçoit dignement, qu’on ne sollicite pas est extrêmement marquée dans ces tribus. Indiquons seulement trois faits kwakiutl, haïda et tsimshian instructifs à notre point de vue : les chefs et nobles aux festins mangent peu, ce sont les vassaux et les gens du commun qui mangent beaucoup ; eux font littéralement « fine bouche » […]. Le noble ne sollicite jamais. Le shamane médecin ne demande jamais de prix, son « esprit » le lui défend. […] Il existe cependant une confrérie et une danse de « mendicité » chez les Kwakiutl.

Don de soi, p. 175-177 :
Mais d’un autre côté, c’est, en même temps que les biens, la richesse et la chance qu’on transmet. C’est son esprit, ce sont ses esprits auxiliaires qui rendent l’initié possesseur de cuivres, de talismans qui sont eux-mêmes moyens d’acquérir : cuivre, richesses, rang, et enfin esprits, toutes choses équivalentes d’ailleurs. Au fond, quand on considère en même temps les cuivres et les autres formes permanentes de richesses qui sont également objets de thésaurisation et de potlatch alternés, masques, talismans, etc., toutes sont confondues avec leur usage et avec leur effet. Par elles, on obtient l’esprit ; et celui-ci à son tour possède le héros vainqueur des obstacles ; et alors encore, ce héros se fait payer ses transes shamanistiques, ses danses rituelles, les services de son gouvernement. Tout se tient, se confond ; les choses ont une personnalité et les personnalités sont en quelque sorte des choses permanentes du clan. Titres, talismans, cuivres et esprits des chefs sont homonymes et synonymes, de même nature et de même fonction. La circulation des biens suit celle des hommes, des femmes et des enfants, des festins, des rites, des cérémonies et des danses, même celle des plaisanteries et des injures. Au fond elle est la même. Si on donne les choses et les rend, c’est parce qu’on se donne et se rend « des respects » – nous disons encore « des politesses ». Mais aussi c’est qu’on se donne en donnant, et, si on se donne, c’est qu’on se « doit » – soi et son bien – aux autres.

La sécu, p. 223
Toute notre législation d’assurance sociale, ce socialisme d’État déjà réalisé, s’inspire du principe suivant : le travailleur a donné sa vie et son labeur à la collectivité d’une part, à ses patrons d’autre part, et, s’il doit collaborer à l’œuvre d’assurance, ceux qui ont bénéficié de ses services ne sont pas quittes envers lui avec le paiement du salaire, et l’État lui-même, représentant la communauté, lui doit, avec ses patrons et avec son concours à lui, une certaine sécurité dans la vie, contre le chômage, contre la maladie, contre la vieillesse, la mort.

Orientations préférables pour la vie moderne, p. 225
Mais il ne suffit pas de constater le fait, il faut en déduire une pratique, un précepte de morale. […]
D’abord, nous revenons, et il faut revenir, à des mœurs de « dépense noble ». Il faut que, comme en pays anglo-saxon, comme en tant d’autres sociétés contemporaines, sauvages et hautement civilisées, les riches reviennent – librement et aussi forcément – à se considérer comme des sortes de trésoriers de leurs concitoyens. Les civilisations antiques – dont sortent les nôtres – avaient, les unes le jubilé, les autres les liturgies, chorégies et triérarchies, les syssities (repas en commun), les dépenses obligatoires de l’édile et des personnages consulaires. On devra remonter à des lois de ce genre. Ensuite il faut plus de souci de l’individu, de sa vie, de sa santé, de son éducation – chose rentable d’ailleurs – de sa famille et de l’avenir de celle-ci. Il faut plus de bonne foi, de sensibilité, de générosité dans les contrats de louage de services, de location d’immeubles, de vente de denrées nécessaires. Et il faudra bien qu’on trouve le moyen de limiter les fruits de la spéculation et de l’usure.

Principe, p. 229
Ainsi, d’un bout à l’autre de l’évolution humaine, il n’y a pas deux sagesses. Qu’on adopte donc comme principe de notre vie ce qui a toujours été un principe et le sera toujours : sortir de soi, donner, librement et obligatoirement ; on ne risque pas de se tromper. Un beau proverbe maori le dit :
Ko Maru kai atu
Ko Maru kai mai
ka ngohe ngohe.
Donne autant que tu prends, tout sera très bien.

Publié par Cyber Luron

Une nuit de prolo, je suivis par hasard un prince et entrai à la taverne des rêves et croyances. Carnaval de fantômes. Dans le cabaret des miracles, je cherchais le non-dit ; en coulisses, je démasquai les bavards littéraires et m'aperçus que j'en portais également ; à la tour des langues, je redescendis dans l'atelier. J'y oeuvre, contemplant la nature, songeant aux premiers hommes qui vivaient sans y penser, groupés.

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